I’M NOT SORRY is an act of witness—a reflection on loss, memory, political violence, and invisibilization. It is a critical, aesthetic, and symbolic exploration of resistance and resilience.
As a tribute to the thousands of migrants who have perished in the American desert—a largely overlooked tragedy and a direct consequence of border enforcement policies—I chose instead to focus on the survivors.
Those who are not sorry to be alive.
Those who are not sorry for having fled the brutality of everyday life.
Those who are not sorry for the ordeals endured across these landscapes of transit,
shaped by violence and suffering.
Those who are not sorry for having believed in the American Dream.
In Tucson, Arizona, I met humanitarian workers, activists, and artists who gradually helped me earn the trust of people, many of whom scarcely dared leave their homes. I photographed those who survived the world’s deadliest overland migration route, as well as people seeking legal status, naturalized citizens, and even U.S. citizens—individuals now relentlessly pursued by ICE* in its hunt for brown-skinned people.
By substituting their faces with traces of the journey—material evidence and objects essential to the crossing, gathered in the Sonoran Desert—I sought to ensure the safety of those portrayed, document the oppression I encountered, and bear witness to the grip fear holds over a large part of the population. This imperative of concealment reveals the transformations brought about by the fear of disappearance, arrest, abduction, detention in immigration facilities, and even death in the United States today.
Images in which beauty and hell occupy the same space.
This project received the 2024 Support for contemporary documentary photography from the French Ministry of Culture’s National Center for the Visual Arts (CNAP)
The title, l’M NOT SORRY, is taken from a message printed on the T-shirt of one of the migrants photographed
I’M NOT SORRY est un acte de témoignage, une réflexion sur la perte, la mémoire, les violences politiques et l’invisibilisation. Une exploration critique, esthétique et symbolique de résistance et de résilience.
Pour rendre hommage aux milliers de migrants qui ont péri dans le désert américain, phénomène largement occulté et conséquence tragique des politiques migratoires frontalières, j’ai décidé de m’intéresser aux survivants.
Ceux qui ne s’excusent pas d’être vivants.
Qui ne s’excusent pas d’avoir fui la barbarie quotidienne.
Ne s’excusent pas des épreuves endurées sur ces espaces de transit, terres de violence
et de douleur.
Ceux qui ne s’excusent pas d’avoir cru au rêve américain.
À Tucson, Arizona, j’ai rencontré les associations humanitaires, des activistes, des artistes grâce à qui, petit à petit, j’ai gagné la confiance de personnes pour nombre d’entre elles terrées chez elles. J’ai photographié ceux qui ont réchappé de ce passage terrestre le plus meurtrier au monde, mais aussi des personnes en cours de régularisation, naturalisées, ou même de citoyenneté américaine, aujourd’hui massivement pourchassées sur le territoire par l’ICE* dans sa traque aux peaux mates.
En substituant leur visage par les traces du parcours, témoignages matériels et objets essentiels au passage récoltés dans le désert du Sonora, j’ai voulu assurer la sécurité des personnes photographiées, documenter l’oppression observée et témoigner de l’emprise de la peur sur une large part de la population. Cette nécessité de camouflage révèle les transformations qu’engendre la terreur de la disparition, de l’arrestation, de l’enlèvement, de la détention en centre de rétention, voire de la mort, dans l’Amérique d’aujourd’hui.
Des images où la beauté se superpose à l’enfer.
Ce projet est lauréat du Soutien à la photographie documentaire contemporaine 2024 du Cnap.
Le titre de la série est tiré d’un message imprimé sur le T-shirt d’un des migrants photographiés.